L'Alliance des Médias TV & Vidéo (ADMTV) exprime sa profonde inquiétude face au dispositif envisagé dans le cadre de la proposition de loi dite « Génération sans sucre »
06 Fév 2026
Publicité alimentaire : une interdiction disproportionnée qui fragilise les médias et le financement
de la création et de l’information
L’Alliance des Médias TV & Vidéo (ADMTV) exprime sa profonde inquiétude face au dispositif envisagé
dans le cadre de la proposition de loi dite « Génération sans sucre », qui conduirait à une interdiction
massive de la publicité alimentaire sur les médias audiovisuels.
Si l’ADMTV partage pleinement l’objectif de lutte contre l’obésité infantile, elle alerte sur un dispositif
déséquilibré et contre-productif, qui cible les médias régulés tout en laissant intactes les principales
sources d’exposition des mineurs.
Une interdiction massive pour un impact marginal
Les 4-14 ans représentent moins de 4 % de l’audience télévisuelle quotidienne, concentrée dans les
programmes jeunesse où la publicité alimentaire est globalement absente. Interdire cette publicité sur
15 heures de diffusion quotidienne, sans étude d’impact préalable, revient à sanctionner un média où
les enfants sont minoritaires et protégés, tout en ignorant les environnements où ils sont massivement
présents.
En outre, les constats de l’ARCOM sont clairs : plateformes de partage de vidéo et réseaux sociaux ne
fournissent toujours pas les données permettant un contrôle effectif des publicités alimentaires. Les
médias audiovisuels, pleinement régulés et engagés dans l’autorégulation avec l’ARPP, seraient
lourdement pénalisés, tandis que YouTube, Meta et TikTok resteraient hors de portée du dispositif.
Ainsi, ce déséquilibre encouragerait la migration des investissements publicitaires vers des
environnements moins régulés, donc en réduisant la protection des enfants.
L’autorégulation fonctionne : ne la détruisons pas
Pourtant l’autorégulation fonctionne et la publicité alimentaire télévisée fait déjà l’objet d’un
encadrement particulièrement strict et diffuse largement des messages promouvant les bons
comportements alimentaires. Les résultats validés par l’ARCOM attestent de progrès significatifs :
hausse des messages de prévention, généralisation du Nutri-Score, quasi-disparition de la restauration
rapide des programmes jeunesse… Ainsi la nouvelle Charte 2025-2029, élargie aux plateformes et aux
influenceurs, constitue une alternative crédible et opérationnelle.
Un risque direct pour le financement de l’information et de la création
Pourtant, comme le souligne l’étude conjointe ARCOM-DGMIC1, les recettes publicitaires
audiovisuelles sont essentielles à la production d’une information pluraliste et indépendante et au
financement de la création audiovisuelle et cinématographique. Cette interdiction ferait disparaître
250 M€ nets du chiffre d’affaires de notre secteur, déjà en forte baisse en 2025, au profit d’acteurs qui
contribuent très marginalement à l’économie française et à la création locale.
C’est pourquoi l’ADMTV appelle les pouvoirs publics à renoncer à un texte qui prévoit une
interdiction disproportionnée ciblant les médias audiovisuels.
Protéger la santé des enfants est évidemment une exigence collective. Mais rien n’impose que cela
s’accompagne d’un affaiblissement durable des médias régulés, du financement de l’information et de
la création et, in fine, du débat démocratique.