Alerte #3 du CEP : asymétrie publicitaire TV/SMAD vs plateformes
09 Juil 2026
Le Conseil de l’Éthique Publicitaire (CEP) publie son Alerte #3 : « Publicité, déséquilibres et asymétries ». La TV et les SMAD en première ligne
L’ADMTV a pris connaissance avec attention de cette nouvelle alerte du CEP, adoptée le 29 juin 2026, qui pointe un constat que nous portons depuis longtemps : les mêmes contenus publicitaires, vus par les mêmes publics, ne sont pas soumis aux mêmes règles selon qu’ils passent par la télévision, les SMAD ou les plateformes des géants du numérique.
Ce que dit le CEP sur la TV et les SMAD, en particulier :
- Contrôle préalable : en télévision linéaire et sur les SMAD, l’ARPP vérifie la conformité des messages avant diffusion. Un contrôle qui garantit a priori la loyauté et la protection des publics. Sur les plateformes numériques, ce contrôle reste a posteriori, laissant des contenus non conformes potentiellement visibles par des millions de personnes.
- Volume et durée publicitaire : la télévision est soumise à des quotas stricts d’insertion publicitaire. Les plateformes numériques (y compris les SMAD lorsqu’ils sont comparés aux acteurs non régulés) ne connaissent aucune contrainte équivalente.
- Signalétique et transparence : grâce aux jingles, écrans dédiés et mentions explicites, la publicité télévisée est immédiatement identifiable. Sur le numérique, les formats natifs et le brand content brouillent souvent cette frontière.
- Protection des mineurs : la télévision encadre strictement la publicité autour des programmes jeunesse depuis des décennies. Les plateformes numériques peinent encore sur la vérification d’âge et l’exposition algorithmique.
- Régimes sectoriels : des règles spécifiques encadrent les produits réglementés (alcool, jeux d’argent, grande distribution…) ainsi que la contribution à la création. La TV finance ainsi un écosystème que les géants du numérique captent sans y contribuer à la même hauteur.
Des recommandations qui vont dans le bon sens : le CEP appelle notamment à l’alignement des plateformes sur les obligations audiovisuelles, à une mesure d’audience indépendante et auditée pour tous les acteurs, et à une contribution financière des plateformes proportionnelle à leurs revenus publicitaires en France.
Cette alerte confirme que la télévision et les SMAD ne sont pas en concurrence à armes égales avec les plateformes numériques, alors même que les usages convergent : 56 % des Français regardent YouTube, dont 67 % sur leur téléviseur (ARCOM, Tendances audio-vidéo 2026 – 30 mars 2026). L’écran TV n’est plus le sanctuaire exclusif de la télévision linéaire. Ce déséquilibre réglementaire n’est pas un détail technique : il fragilise un secteur qui investit dans la création, l’information et la protection des publics depuis des décennies.
C’est un texte d’autorité qui vient légitimer officiellement notre argumentaire d’asymétrie concurrentielle. Une lecture utile pour tous ceux qui suivent les enjeux de régulation publicitaire et de concurrence entre médias.
Pour lire l’alerte complète : Alerte #3 du CEP